Publié le 12 mars 2024

Non, le secteur manufacturier québécois n’est pas en déclin. C’est aujourd’hui l’un des terrains de jeu technologiques les plus avancés au monde, loin des clichés du passé.

  • L’intelligence artificielle, l’impression 3D et les jumeaux numériques ne sont plus de la science-fiction, mais des outils quotidiens dans nos usines.
  • L’automatisation ne supprime pas les emplois : elle les transforme en carrières spécialisées, créatives et collaboratives, où l’humain pilote la technologie.
  • Ce secteur est un pilier stratégique, responsable de la majorité de nos exportations et un acteur clé de la transition écologique grâce à l’innovation.

Recommandation : Explorez un secteur où votre passion pour la technologie peut construire le monde réel de demain, en commençant par les opportunités de carrière uniques qu’il offre.

Quand on vous parle du secteur manufacturier, quelle image vous vient en tête ? Probablement celle, un peu jaunie, d’une usine bruyante et sombre, tirée des récits de nos grands-parents. Une chaîne de montage, des tâches répétitives, un monde d’hier que l’on imagine en déclin face à l’économie du savoir et du numérique. On entend souvent dire que l’avenir est dans le code, pas dans la production. C’est une perception tenace, mais profondément erronée.

Et si je vous disais, en tant que dirigeant au cœur de cette transformation, que nos usines québécoises ressemblent aujourd’hui davantage à des laboratoires de recherche et développement qu’aux ateliers d’autrefois ? Que nous y pilotons des robots complexes avec des tablettes, que nous y imprimons en 3D des pièces de haute précision pour l’aérospatiale et que nous créons des répliques virtuelles de nos opérations pour les optimiser avant même de toucher à un seul boulon ? Cette révolution, c’est l’Industrie 4.0. Ce n’est pas le futur, c’est notre présent. C’est une transformation radicale qui a non seulement sauvé notre industrie, mais l’a propulsée à l’avant-garde mondiale.

Cet article n’est pas une analyse économique. C’est une invitation à regarder derrière le rideau de fumée des préjugés. Nous allons déconstruire ensemble les mythes, explorer la technologie de pointe qui définit aujourd’hui la production québécoise, découvrir les produits incroyables qui y sont fabriqués, et surtout, mettre en lumière les carrières passionnantes et résolument modernes qui vous y attendent. Oubliez tout ce que vous pensiez savoir. Bienvenue dans la nouvelle ère manufacturière du Québec.

Pour vous guider à travers cette révolution industrielle en marche, nous avons structuré ce tour d’horizon en plusieurs étapes clés. Vous découvrirez comment la technologie redéfinit l’usine, quels produits de pointe sont fabriqués ici, et comment ce secteur façonne l’avenir des carrières et de notre économie.

Robots, IA, impression 3D : bienvenue dans l’usine québécoise du 21e siècle

L’usine québécoise d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec l’atelier mécanique d’hier. C’est un véritable écosystème technologique, un « bac à sable » numérique où l’innovation se vit au quotidien. Loin d’être à la traîne, le Québec manufacturier figure parmi les leaders mondiaux pour l’adoption de technologies de pointe comme l’intelligence artificielle, le Big Data et l’impression 3D. Nous ne suivons pas la tendance, nous la créons. Au cœur de cette transformation se trouve un concept qui semble tout droit sorti de la science-fiction : le jumeau numérique.

Comme le définit Éric R. Harvey de l’Ordre des ingénieurs du Québec, il s’agit d’une réplique virtuelle ultra-précise d’un objet, d’un processus ou même d’une usine entière. C’est notre laboratoire secret. Avant de lancer une nouvelle ligne de production, nous la construisons et la testons dans cet univers virtuel. On y simule des scénarios, on anticipe les pannes, on optimise les flux, on entraîne les opérateurs, le tout sans perturber la production réelle et sans gaspiller la moindre ressource. C’est une révolution qui permet une agilité et une efficacité sans précédent. Éric R. Harvey, ing., de l’Ordre des ingénieurs du Québec, le résume ainsi :

Un jumeau numérique, c’est une réplique virtuelle d’un objet ou d’un système réel qui va imiter fidèlement le comportement et les caractéristiques de son équivalent physique.

– Eric R. Harvey, ing., Ordre des ingénieurs du Québec

Cette approche n’est pas réservée à une poignée de géants. Des centres de transfert technologique comme le CIMMI, rattaché au Cégep de Sainte-Foy, démocratisent ces innovations. Ils ont déjà collaboré à des centaines de projets, autant avec des PME qu’avec des fleurons comme Bombardier ou Hydro-Québec. L’intelligence artificielle analyse en temps réel des flots de données pour prédire les besoins de maintenance, tandis que l’impression 3D permet de créer des prototypes ou des pièces sur mesure en quelques heures au lieu de plusieurs semaines. C’est ce mariage de technologies qui définit la nouvelle identité manufacturière du Québec : agile, intelligente et résolument tournée vers l’avenir.

De la pièce d’avion au dispositif médical : ces produits de haute technologie fabriqués au coin de votre rue

Le secteur manufacturier québécois est bien plus qu’un ensemble de technologies fascinantes ; c’est le moteur qui donne vie à des produits qui façonnent notre quotidien et notre avenir. Souvent, cet impact est invisible. Vous ne le savez peut-être pas, mais la pièce critique de l’avion dans lequel vous voyagez, le capteur ultra-précis de l’équipement médical qui sauve des vies, ou les composants électroniques de votre téléphone intelligent ont de fortes chances d’avoir été conçus et fabriqués ici, au Québec. Nous sommes les architectes silencieux du monde moderne.

Ce secteur représente une force économique et humaine considérable. En 2023, il employait plus de 441 000 salariés au Québec, soit plus de 11% des emplois de la province. Derrière ce chiffre se cache une diversité de talents et de productions extraordinaires. Nous ne fabriquons pas seulement des biens de consommation. Nous excellons dans des domaines de haute technologie où la précision, la qualité et l’innovation sont non négociables : aérospatiale, sciences de la vie, équipements de transport, technologies de l’information et bien d’autres.

L’image d’une production de masse standardisée est obsolète. Aujourd’hui, nos usines sont capables de produire des séries courtes et hautement personnalisées. L’impression 3D permet de créer des prothèses sur mesure pour un patient spécifique, tandis que l’automatisation flexible permet d’assembler des configurations de produits uniques sans reconfigurer toute une chaîne de production. C’est le passage de la production de masse à la personnalisation de masse.

Gros plan sur des composants électroniques de haute technologie en production dans une usine québécoise

Cette image illustre parfaitement la précision et la propreté de nos environnements de production modernes. Chaque composant est le fruit d’un savoir-faire unique, alliant l’expertise humaine à la puissance des machines. Le véritable produit de notre secteur manufacturier, ce n’est pas seulement un objet physique, c’est l’intelligence et l’innovation qui y sont intégrées.

Les robots vont-ils voler tous les emplois manufacturiers ? Mythes et réalités

C’est la question qui hante l’imaginaire collectif : l’arrivée massive des robots et de l’automatisation signe-t-elle la fin du travailleur manufacturier ? La réponse est un non catégorique. Ce que nous vivons n’est pas une vague de remplacement, mais une profonde transformation des métiers. Les robots ne volent pas les emplois ; ils se chargent des tâches dangereuses, pénibles et répétitives, libérant ainsi le potentiel humain pour des rôles à plus grande valeur ajoutée.

Le travailleur d’aujourd’hui n’est plus un simple exécutant. C’est un pilote, un superviseur, un technicien de maintenance, un programmeur de robots, un analyste de données. Il collabore avec la machine. C’est une véritable symphonie homme-robot où la force et la précision de l’un sont guidées par la créativité et l’intelligence critique de l’autre. Le mythe de la destruction d’emplois ignore également un fait économique crucial : un secteur manufacturier fort est un puissant créateur d’emplois indirects. En effet, une statistique récente révèle que pour 10 emplois créés dans le secteur de la fabrication, on en crée 6 dans les services qui le soutiennent (logistique, design, marketing, services informatiques, etc.). Loin de détruire l’économie, il la nourrit.

Cette transition exige bien sûr une adaptation des compétences. C’est pourquoi la formation continue et le développement de nouvelles expertises sont au cœur de notre stratégie. Comme le souligne Éric Lépine de l’Ordre des ingénieurs du Québec, nous avons tout ce qu’il faut ici pour réussir ce virage :

Le Québec détient une belle expertise pour prendre le virage 4.0. Les ingénieures et ingénieurs ont présentement tout ce qu’il leur faut pour favoriser l’industrialisation 4.0, même en ce qui concerne l’aspect de la cybersécurité.

– Éric Lépine, Ordre des ingénieurs du Québec

L’enjeu n’est donc pas de lutter contre l’automatisation, mais de l’embrasser intelligemment pour créer des emplois plus stimulants, plus sécuritaires et mieux rémunérés. C’est l’occasion de redéfinir la valeur du travail et de positionner nos talents au centre de l’innovation technologique, et non en marge.

Comment l’industrie manufacturière peut devenir un allié de l’environnement

Associer industrie manufacturière et écologie peut sembler contre-intuitif. Pendant des décennies, les usines ont été synonymes de pollution et de consommation massive de ressources. Cependant, l’Industrie 4.0 change radicalement la donne. La même technologie qui augmente notre productivité est aussi notre meilleur atout pour construire une production durable et responsable. L’innovation technologique est la clé de notre performance environnementale.

Prenons l’exemple concret du broyage minier, un processus extrêmement énergivore. Une étude passionnante démontre comment le jumeau numérique peut révolutionner cette pratique. En créant une réplique virtuelle du processus, on peut simuler et trouver les paramètres optimaux en temps réel pour minimiser la consommation d’énergie. Une analyse du FRQ révèle que l’utilisation d’outils de l’Industrie 4.0 est une voie prometteuse pour générer des économies d’énergie significatives, sachant que plus de 90% de l’électricité utilisée pour le broyage se dissipe en chaleur. L’optimisation, c’est moins de gaspillage, donc une empreinte écologique réduite.

Étude de Cas : L’optimisation énergétique du broyage minier

Face au constat que la majorité de l’énergie dans le broyage minier est perdue en chaleur, un projet de recherche a été lancé pour appliquer les principes de l’Industrie 4.0. En utilisant un jumeau numérique, des capteurs virtuels et l’optimisation en temps réel, le système peut ajuster les paramètres de broyage pour maximiser l’efficacité et minimiser la consommation électrique. Ce n’est plus une approche statique, mais une adaptation intelligente et continue, transformant un processus polluant en un modèle d’éco-efficacité.

Cet exemple n’est pas isolé. L’intelligence artificielle nous aide à optimiser les chaînes logistiques pour réduire les transports, et donc les émissions de CO2. La maintenance prédictive évite les pannes qui peuvent causer des fuites ou des déversements. L’impression 3D permet une production « additive », où l’on n’utilise que la matière strictement nécessaire, contrairement aux méthodes traditionnelles « soustractives » qui génèrent beaucoup de déchets. La forte densité robotique de nos usines, supérieure à la moyenne canadienne et mondiale, contribue également à des processus plus précis et moins sujets aux erreurs coûteuses en ressources. Le secteur manufacturier n’est plus une partie du problème, il est une partie essentielle de la solution.

Les nouveaux visages du secteur manufacturier : des carrières pour les passionnés de technologie

Si vous êtes passionné de jeux vidéo, de programmation, de design 3D ou de résolution de problèmes complexes, le secteur manufacturier a désespérément besoin de vous. Les carrières que nous offrons aujourd’hui sont à des années-lumière des clichés. Nous ne cherchons plus seulement des bras, nous cherchons des cerveaux. Les « cols bleus » sont devenus des « cols numériques », des experts qui naviguent avec aisance entre le monde virtuel de la conception et le monde physique de la production.

Portrait d'une équipe diversifiée de travailleurs en formation avec des technologies numériques dans un environnement manufacturier moderne

L’image ci-dessus n’est pas une mise en scène. C’est le quotidien de nos usines modernes : des équipes diversifiées, collaboratives, où jeunes talents et opérateurs expérimentés se forment ensemble sur les dernières technologies. Les profils recherchés sont variés : opérateurs de robots collaboratifs, spécialistes en cybersécurité industrielle, architectes de jumeaux numériques, techniciens en impression 3D, analystes de données de production, experts en maintenance prédictive… Ce sont des métiers d’avenir, stimulants et bien rémunérés. La demande est forte; à titre d’exemple, on estimait récemment à plus de 715 le nombre de postes vacants dans le seul secteur manufacturier lavallois.

Le parcours pour intégrer ce secteur est plus accessible que jamais. Les formations professionnelles, techniques et universitaires s’adaptent à une vitesse fulgurante pour répondre à ces nouveaux besoins. Les entreprises elles-mêmes investissent massivement dans la formation continue pour faire évoluer les compétences de leurs équipes. C’est un environnement où l’apprentissage est constant, où la curiosité est une qualité essentielle et où l’on peut véritablement voir l’impact concret de son travail. Pour ceux qui cherchent une carrière avec du sens, où l’on peut toucher, voir et construire le fruit de son ingéniosité, il n’y a pas de meilleur terrain de jeu.

Votre plan d’action pour explorer une carrière dans le manufacturier 4.0

  1. Inventoriez vos passions : Aimez-vous la résolution de problèmes, le design, la programmation, la mécanique ? Listez vos compétences technologiques et créatives.
  2. Explorez les formations : Renseignez-vous sur les DEP, DEC et programmes universitaires liés à la production automatisée, au génie industriel, à la mécatronique ou à l’informatique industrielle.
  3. Visitez virtuellement des usines : De nombreuses entreprises québécoises offrent des visites virtuelles ou des journées portes ouvertes. Imprégnez-vous de l’environnement réel.
  4. Contactez des professionnels du secteur : Utilisez LinkedIn pour échanger avec des personnes occupant les postes qui vous intéressent. Demandez-leur à quoi ressemble leur quotidien.
  5. Identifiez les entreprises innovantes : Repérez les entreprises qui affichent leur virage 4.0. Ce sont elles qui offrent les opportunités les plus excitantes.

Des usines aux lofts : sur les traces du passé industriel qui a forgé le Québec moderne

Pour apprécier la magnitude de la révolution actuelle, il faut comprendre d’où nous venons. Le paysage du Québec est parsemé des vestiges de son passé industriel : ces magnifiques bâtiments de briques rouges, anciennes filatures ou usines, aujourd’hui transformés en lofts, en galeries d’art ou en bureaux de start-ups. Ces lieux sont bien plus que de l’immobilier ; ils sont le témoignage d’une première révolution industrielle qui a façonné nos villes et notre société.

Ce patrimoine nous rappelle que l’audace et l’innovation ne sont pas nouvelles au Québec. Nous avons toujours été un peuple de bâtisseurs. La transformation de ces espaces physiques est un puissant miroir de la transformation de nos métiers. Si hier, ces murs abritaient la force physique et le travail mécanique, ils symbolisent aujourd »hui une économie créative et numérique. La révolution 4.0 n’efface pas ce passé, elle en est l’héritière. Elle remplace la machinerie lourde par des serveurs, et le travail à la chaîne par des flux de données.

Projet Réseau 4.0 CEOSnet : Bâtir l’usine-école du futur

Symbolisant ce lien entre héritage et futur, le projet Réseau 4.0 CEOSnet, d’une valeur de 11,5 millions de dollars, unit les plus grandes universités québécoises (Polytechnique, ÉTS, Sherbrooke, etc.). À Polytechnique Montréal, un laboratoire a été créé pour simuler un entrepôt entièrement connecté, doté d’un jumeau numérique. C’est une usine-école où la prochaine génération d’ingénieurs et de techniciens apprend à maîtriser les outils qui définiront l’industrie de demain, créant un pont direct entre la recherche fondamentale et l’application pratique.

Cette perspective historique nous donne une leçon d’humilité et de fierté. Elle nous montre que l’industrie n’est pas statique, elle est un organisme vivant qui s’adapte et se réinvente. La capacité de simuler des phénomènes complexes grâce aux jumeaux numériques, comme le souligne Thierry Badard de l’Université Laval, s’étend même au-delà de l’usine pour appréhender des enjeux environnementaux et socioéconomiques. L’usine devient un microcosme, un laboratoire pour la société de demain. En comprenant notre histoire industrielle, nous sommes mieux armés pour construire son avenir.

Au-delà de Bombardier et du Cirque du Soleil : ces entreprises québécoises qui conquièrent le monde en silence

Quand on pense au succès québécois à l’international, des noms comme Bombardier ou le Cirque du Soleil viennent immédiatement à l’esprit. Mais la véritable force de frappe de notre économie est bien plus discrète. Elle se niche au cœur de notre secteur manufacturier, dans des entreprises de taille moyenne, ultra-spécialisées, qui sont des leaders mondiaux dans leurs créneaux respectifs. Ces champions cachés sont le véritable moteur de notre prospérité.

Les chiffres sont sans appel. Le secteur manufacturier est le « code source » de notre économie d’exportation. Il est responsable de pas moins de 85% de la valeur totale des exportations québécoises, un volume qui a atteint 118,4 milliards de dollars en 2023. Cet impact colossal ne vient pas d’une poignée de géants, mais d’un tissu dense de PME innovantes qui exportent leur savoir-faire aux quatre coins du globe. Leur succès repose sur une stratégie claire : ne pas rivaliser sur les coûts, mais sur la valeur ajoutée, la qualité et l’innovation.

Un exemple spectaculaire de cette ambition est celui de la société Jakarto. Cette entreprise n’a rien de moins que le projet de créer un jumeau numérique complet de l’ensemble du territoire québécois. Imaginez : une réplique 3D, précise au centimètre près, de nos villes, de nos forêts, de nos infrastructures.

Étude de Cas : Jakarto et le « Québec Numérique »

La société de cartographie 3D Jakarto est en train de sillonner la province pour capturer des milliards de points de données et construire un « Québec numérique ». L’objectif ? Offrir à ses clients (villes, entreprises de services publics, firmes d’ingénierie) des outils de simulation sans précédent. Avant de creuser une rue, une municipalité pourra visualiser en 3D l’emplacement exact de chaque conduite souterraine. Une entreprise de logistique pourra optimiser ses trajets en fonction de la topographie réelle. C’est une réduction drastique des coûts, des risques et de l’impact environnemental, rendue possible par une innovation manufacturière d’ici.

Ce genre de projet illustre parfaitement l’audace de notre secteur. Nous ne nous contentons pas de fabriquer des produits ; nous créons des plateformes technologiques qui permettent à d’autres industries de devenir plus performantes. C’est cette position stratégique dans la chaîne de valeur mondiale qui assure la pérennité et la croissance de notre industrie.

À retenir

  • Le manufacturier québécois est un leader technologique mondial, intégrant massivement l’IA, l’impression 3D et les jumeaux numériques dans ses opérations.
  • Loin de détruire les emplois, l’automatisation les transforme, créant une forte demande pour des rôles plus qualifiés, créatifs et collaboratifs où l’humain pilote la technologie.
  • Ce secteur est un pilier stratégique pour l’économie, générant 85% de nos exportations, et un acteur clé de la transition écologique grâce à l’innovation en éco-efficacité.

La « recette » québécoise : comment l’innovation et l’audace façonnent notre économie

Quel est le secret derrière cette spectaculaire réinvention ? La « recette » québécoise n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’une convergence unique entre une culture d’innovation profondément ancrée, une audace entrepreneuriale et un soutien stratégique constant. C’est un écosystème où les entreprises, le gouvernement et le milieu de la recherche travaillent de concert vers un objectif commun : bâtir une industrie manufacturière compétitive, moderne et durable.

Depuis des années, peu importe la couleur politique, il existe un consensus clair sur l’importance de soutenir ce virage. Comme le rappelle une analyse dans le journal Les Affaires, des plans d’action de Raymond Bachand à l’offensive numérique de Pierre Fitzgibbon, en passant par les initiatives de Dominique Anglade, l’appui gouvernemental a été un catalyseur incontestable. Ce soutien ne se limite pas à des subventions ; il se traduit par la création de centres d’expertise, le financement de projets de recherche collaboratifs et la mise en place de programmes pour accompagner les PME dans leur transformation numérique.

Mais le véritable ingrédient secret, c’est l’audace de nos entrepreneurs. Ils ont compris très tôt qu’ils ne pourraient pas concurrencer les géants mondiaux sur le volume ou les bas salaires. Ils ont donc misé sur l’agilité et la spécialisation. Ils ont investi dans la technologie non pas comme un coût, mais comme un avantage compétitif. Ils ont favorisé une culture de formation continue et ont su attirer des talents en leur offrant des défis stimulants plutôt que de simples tâches. C’est cette vision à long terme qui a permis de transformer un secteur perçu comme vieillissant en un pôle d’excellence reconnu mondialement.

Aujourd’hui, cet écosystème est notre plus grande force. Il crée un cercle vertueux : les universités forment des talents de pointe, qui sont attirés par des entreprises innovantes, dont le succès encourage le gouvernement à investir davantage dans l’innovation. Le futur ne s’attend pas, il se construit. Et au Québec, nous avons prouvé que nous étions des architectes audacieux.

Pour bien comprendre ce succès, il faut reconnaître le rôle central de cet écosystème collaboratif unique au Québec.

Le futur du secteur manufacturier ne se lira pas dans les livres d’histoire, il s’écrira dans les lignes de code, les modèles 3D et les stratégies d’intelligence artificielle. Le Québec est non seulement prêt pour ce futur, il est déjà en train de le définir. L’invitation est lancée. Êtes-vous prêt à en devenir l’un des architectes ? Pour aller plus loin, explorez les formations de pointe et les entreprises innovantes qui recrutent activement les passionnés de technologie pour construire le monde de demain.

Rédigé par Chantal Roy, Conseillère d'orientation et coach de carrière depuis plus de 18 ans, Chantal Roy accompagne les jeunes et les adultes dans leurs transitions scolaires et professionnelles. Son expertise couvre l'ensemble du système éducatif québécois et les secteurs porteurs d'emploi.