Publié le 15 mai 2024

Le leadership du Québec en IA ne vient pas de l’imitation de la Silicon Valley, mais de la création d’un modèle collaboratif unique : un véritable « CERN de l’IA ».

  • Cet écosystème repose sur une collaboration radicale entre la recherche fondamentale, les géants de la tech, les startups et le soutien gouvernemental.
  • Plutôt que la compétition pure, le modèle québécois valorise la science ouverte, le partage des connaissances et une réflexion pionnière sur l’éthique.

Recommandation : Pour comprendre cet écosystème, il est essentiel d’analyser ses piliers fondateurs, des chercheurs visionnaires aux applications concrètes qui façonnent déjà notre quotidien.

Quand on pense à l’intelligence artificielle, des images de la Silicon Valley, de compétitions acharnées entre géants de la technologie et de capital-risque agressif viennent souvent à l’esprit. Pourtant, l’une des révolutions les plus profondes du domaine ne s’est pas jouée sous le soleil californien, mais dans le climat rigoureux de Montréal. Le Québec, et sa métropole en particulier, s’est imposé comme un pôle mondial de l’IA, attirant des entreprises comme Google, Microsoft et Meta. Mais résumer ce succès à une simple imitation du modèle américain serait une erreur fondamentale.

La véritable clé du succès québécois n’est pas la création d’une nouvelle Silicon Valley. C’est l’invention d’un modèle entièrement différent, que l’on pourrait qualifier de « CERN de l’IA ». Un écosystème fondé non pas sur le secret et la compétition, mais sur la collaboration radicale et la science ouverte. Ici, la recherche universitaire fondamentale, l’industrie et une conscience éthique précoce ne sont pas des entités séparées, mais les trois brins d’un même ADN. C’est cette synergie qui a permis une concentration de talents et une vitesse d’innovation qui fascinent aujourd’hui le monde entier.

Cet article vous propose de plonger au cœur de ce modèle unique. Nous allons décortiquer les piliers de cet écosystème : des chercheurs visionnaires qui ont tout initié aux applications concrètes qui se nichent déjà dans votre quotidien. Nous verrons comment l’héritage du jeu vidéo a pavé la voie, comment le Québec mène une réflexion éthique cruciale pour l’avenir de l’IA, et surtout, comment vous pouvez trouver votre place dans cette révolution technologique en marche.

Pour naviguer au cœur de cet écosystème unique, ce guide explore les facettes qui définissent le leadership québécois en intelligence artificielle, des pionniers de la recherche aux opportunités de carrière de demain.

Sommaire : Le modèle québécois de l’IA, un écosystème unique au monde

Les « papes » de l’IA : qui sont ces chercheurs qui ont mis Montréal sur la carte mondiale de la technologie ?

À l’origine de toute révolution scientifique, on trouve souvent une poignée de visionnaires. Pour l’apprentissage profond (deep learning), le Québec a le sien : Yoshua Bengio. Souvent cité aux côtés de Geoffrey Hinton et Yann LeCun comme l’un des trois « pères fondateurs » de l’IA moderne, son influence dépasse largement le cadre académique. Il n’est pas seulement un chercheur de génie, mais l’architecte du modèle collaboratif qui définit Montréal. Son travail acharné pour garder la recherche fondamentale dans le milieu universitaire, ouverte et collaborative, a créé un champ gravitationnel de talents. La preuve de son impact est quantifiable : Yoshua Bengio est devenu le premier scientifique vivant à atteindre plus d’un million de citations sur Google Scholar en 2024, un jalon qui témoigne de son influence planétaire.

Cet effet gravitationnel a donné naissance à une institution devenue légendaire : le Mila. Fondé par Bengio en 1993, le Mila n’est pas juste un laboratoire. C’est le cœur battant du « CERN de l’IA ». Il incarne la philosophie de la science ouverte, où les idées circulent librement entre chercheurs, étudiants et partenaires industriels. Loin d’être un petit groupe d’élites, le Mila est une véritable fourmilière intellectuelle.

Étude de cas : Le Mila, la plus grande concentration de chercheurs en deep learning au monde

Fondé à l’origine comme un laboratoire de recherche à l’Université de Montréal, Mila regroupe aujourd’hui plus de 140 professeurs affiliés et plus de 1400 chercheurs et étudiants. Cette concentration, la plus importante au monde pour la recherche académique en apprentissage profond, agit comme un aimant pour les talents et les investissements. Des institutions comme l’Université de Sherbrooke, l’ÉTS et Concordia y ont rejoint leurs chercheurs, créant un pôle de recherche unifié et puissant qui attire des partenariats avec les plus grandes entreprises technologiques mondiales.

La présence de ces « papes » de l’IA et de leurs institutions n’a pas seulement attiré les projecteurs sur Montréal ; elle a forgé une culture où la recherche fondamentale n’est pas une fin en soi, mais le point de départ d’une cascade d’innovations.

L’IA « made in Québec » est déjà dans votre téléphone : des exemples concrets que vous ignorez

La recherche fondamentale menée dans les laboratoires québécois peut sembler abstraite, mais ses retombées sont extraordinairement concrètes et souvent plus proches que vous ne l’imaginez. Loin des concepts théoriques, l’IA « made in Québec » s’intègre déjà dans des technologies que nous utilisons au quotidien, parfois sans même le savoir. L’écosystème québécois excelle dans le transfert technologique, transformant des percées scientifiques en solutions pratiques pour l’industrie et le grand public.

Main tenant un téléphone intelligent avec des visualisations abstraites d'applications d'IA québécoises

Cette transition de la théorie à la pratique est visible dans de multiples secteurs. Les algorithmes développés à Montréal ne se contentent pas d’améliorer les assistants vocaux ou les flux de réseaux sociaux ; ils s’attaquent à des problèmes complexes et spécifiques, notamment ceux liés aux particularités du contexte canadien. Pensez à la complexité de la conduite autonome dans une tempête de neige ou à l’optimisation de la sécurité dans des infrastructures critiques. C’est là que l’expertise québécoise fait une différence tangible.

Voici quelques exemples qui illustrent comment l’IA québécoise façonne déjà notre monde :

  • Véhicules autonomes adaptés à l’hiver : Des solutions de navigation pointues, développées localement, permettent aux systèmes de conduite autonome de mieux interpréter leur environnement dans des conditions hivernales difficiles, comme les chutes de neige ou la présence de glace.
  • Sécurité augmentée : Le CIMMI (Centre en imagerie numérique et médias interactifs) a collaboré avec Thales pour créer des casques de réalité augmentée qui analysent le niveau d’attention des opérateurs de sécurité, une innovation cruciale pour les infrastructures critiques.
  • Accessibilité urbaine intelligente : Des projets utilisent l’IA et les données géospatiales pour analyser et adapter les espaces publics, les rendant plus accessibles aux personnes à mobilité réduite.
  • Créativité visuelle décuplée : Le fruit d’une collaboration entre l’Université Laval et Adobe permet désormais l’insertion ultra-réaliste d’objets 3D dans des images, une technologie issue directement de la recherche québécoise.

De « Prince of Persia » à « Assassin’s Creed » : comment Montréal est devenue l’une des capitales mondiales du jeu vidéo

Avant même que l’intelligence artificielle ne devienne le mot à la mode, Montréal s’était déjà taillé une réputation mondiale dans un autre secteur technologique : le jeu vidéo. L’arrivée d’Ubisoft en 1997, attirée par des incitatifs fiscaux et un bassin de talents créatifs, a été l’étincelle qui a transformé la ville en l’un des plus grands hubs de production de jeux au monde. Des franchises légendaires comme Prince of Persia, Assassin’s Creed et Far Cry sont nées ici, forgeant une expertise unique en création de mondes virtuels, en animation 3D et en programmation de pointe.

Ce succès n’est pas anecdotique ; il a été le premier acte de la révolution technologique québécoise. L’industrie du jeu vidéo a créé un écosystème mature, avec un bassin de dizaines de milliers de développeurs, d’artistes 3D, de designers et d’ingénieurs hautement qualifiés. Ce terreau fertile de compétences techniques et créatives s’est avéré être le carburant idéal pour le boom de l’IA. Les techniques d’IA pour le comportement des personnages non-joueurs (PNJ), la génération procédurale de contenu ou l’optimisation des moteurs graphiques sont des domaines où le jeu vidéo et la recherche en IA se sont mutuellement enrichis.

Cette synergie explique pourquoi les géants de la tech ne viennent pas seulement à Montréal pour la recherche pure, mais aussi pour ce mélange unique de talents. L’écosystème du jeu vidéo a prouvé que la ville pouvait soutenir des projets technologiques d’envergure mondiale, ce qui a rassuré et attiré les investissements dans le secteur de l’IA. Des entreprises comme Microsoft ne se contentent pas d’investir dans la recherche, elles s’implantent durablement. Par exemple, Microsoft a annoncé un investissement de 7 millions de dollars sur 5 ans pour la recherche au Mila, un signe clair de l’engagement des géants technologiques envers l’écosystème montréalais, qui profite de cette double expertise en jeu et en IA.

L’IA peut-elle être éthique ? La réflexion que le Québec mène pour le reste du monde

Alors que la course à l’intelligence artificielle s’accélère, une question cruciale émerge : comment s’assurer que ces technologies puissantes sont développées et utilisées de manière responsable, juste et bénéfique pour l’humanité ? Tandis que de nombreux pôles technologiques ont traité l’éthique comme une réflexion secondaire, le Québec en a fait un pilier central de son identité. Cette approche n’est pas un frein à l’innovation, mais un avantage stratégique qui renforce la crédibilité et la pérennité de son écosystème.

Cette posture proactive est née d’un sentiment de responsabilité, comme l’explique l’un de ses principaux artisans, le professeur Marc-Antoine Dilhac. L’idée était simple : puisque Montréal est l’un des berceaux de l’IA moderne, il lui incombait naturellement de mener la réflexion sur ses implications sociales et éthiques.

Il faut savoir que le Québec, et Montréal en particulier, a une responsabilité dans la recherche sur l’IA. C’est l’un des pôles mondiaux de la recherche. Il semblait naturel que l’on se penche sur les implications éthiques et sociales de l’IA.

– Marc-Antoine Dilhac, Professeur en éthique et philosophie politique, Université de Montréal

Cette réflexion ne s’est pas limitée à des débats académiques. Elle a abouti à une initiative historique qui a eu un retentissement mondial et qui illustre parfaitement l’approche collaborative du Québec.

Groupe diversifié de chercheurs en discussion animée autour d'une table ronde

Étude de cas : La Déclaration de Montréal pour un développement responsable de l’IA

Lancée en 2018 après une vaste consultation citoyenne impliquant plus de 500 personnes, la Déclaration de Montréal propose 10 principes éthiques fondamentaux (bien-être, respect de l’autonomie, protection de l’intimité, solidarité, etc.) pour guider le développement de l’IA. Loin d’être un simple document théorique, elle est devenue une référence internationale, influençant les travaux de l’OCDE, de l’UNESCO et du Conseil européen, ainsi que la Stratégie de la Francophonie numérique 2022-2026. Elle incarne la volonté du Québec de ne pas seulement créer la technologie, mais aussi de définir le cadre de son utilisation responsable.

Comment trouver sa place dans la révolution technologique québécoise : le guide des formations et des employeurs

L’attractivité de l’écosystème québécois ne repose pas uniquement sur ses chercheurs vedettes ou ses entreprises innovantes, mais sur un système de formation robuste qui alimente continuellement le bassin de talents. Pour les étudiants, les chercheurs ou les professionnels en reconversion, le Québec offre une multitude de portes d’entrée pour participer à la révolution de l’IA. La concentration de savoir est palpable : les universités de McGill et de l’Université de Montréal comptent à elles seules plus de 250 chercheurs et doctorants spécialisés en IA et en apprentissage profond.

Cette densité académique se traduit par une offre de formation exceptionnellement riche et diversifiée, allant des programmes universitaires de pointe aux formations techniques plus courtes et spécialisées. Que vous visiez un doctorat en recherche fondamentale ou une spécialisation technique pour intégrer rapidement le marché du travail, l’écosystème québécois a une voie pour vous. Les institutions ne travaillent pas en silo ; elles collaborent étroitement avec des instituts comme le Mila et IVADO pour offrir des cursus en phase avec les besoins de l’industrie.

Pour ceux qui cherchent à se former ou à faire évoluer leur carrière, voici quelques-unes des institutions et programmes clés à considérer :

  • Université Laval : Propose des programmes de maîtrise professionnelle en informatique avec une spécialisation en Intelligence Artificielle, axés sur les compétences pratiques recherchées par les employeurs.
  • Cégep de Sainte-Foy : Offre une attestation d’études collégiales (AEC) en intelligence artificielle via sa formation continue, une voie rapide pour acquérir des compétences techniques spécialisées.
  • MILA : Au-delà de ses propres étudiants, l’institut accueille des chercheurs de l’Université de Sherbrooke, de l’ÉTS et de Concordia, favorisant une pollinisation croisée des savoirs.
  • IVADO : Cet institut pour la valorisation des données propose des programmes de formation, des écoles d’été et des bootcamps spécialisés en IA appliquée, en science des données et en recherche opérationnelle.

Cette synergie entre formation et recherche crée un environnement où les étudiants sont directement exposés aux dernières avancées et aux leaders du domaine, une préparation idéale pour rejoindre les rangs des nombreuses entreprises qui recrutent activement dans la province.

La « Silicon Valley » du Nord ? Pourquoi le secteur des technologies est le moteur de l’emploi au Québec

L’étiquette « Silicon Valley du Nord » est souvent accolée à Montréal, mais elle est à la fois flatteuse et réductrice. Si le dynamisme économique et l’effervescence technologique sont comparables, les mécanismes sous-jacents sont profondément différents. Le modèle québécois n’est pas principalement alimenté par une culture agressive de capital-risque, mais par un partenariat stratégique et durable entre le gouvernement, les universités et l’industrie. C’est ce qui en fait un moteur d’emploi stable et à long terme.

L’un des catalyseurs de ce succès a été l’investissement public ciblé. Conscient du potentiel de l’IA, le gouvernement a injecté des fonds significatifs pour structurer l’écosystème. Par exemple, dans le cadre de la Stratégie pancanadienne en matière d’IA, le Québec a reçu 100 millions de dollars sur 5 ans pour soutenir son cluster en IA. Ces fonds n’ont pas été simplement distribués ; ils ont été utilisés pour renforcer les instituts de recherche, attirer des talents de classe mondiale et encourager les collaborations.

Ces collaborations sont la véritable marque de fabrique du modèle. Plutôt que de voir les entreprises et les universités comme des entités concurrentes, le Québec les a poussées à travailler main dans la main. Cette culture de la « science ouverte » permet aux entreprises d’accéder aux dernières avancées de la recherche fondamentale, tandis que les chercheurs peuvent s’attaquer à des problèmes industriels concrets.

Étude de cas : La synergie Mila-IBM

En décembre 2020, Mila s’est associé à IBM pour accélérer la recherche en IA. Cette collaboration a permis d’intégrer Oríon, un logiciel open-source de Mila pour l’optimisation d’hyperparamètres, avec le Watson Machine Learning Accelerator d’IBM. Ce partenariat illustre parfaitement le modèle québécois : un institut de recherche académique de pointe partageant son innovation ouverte pour améliorer les outils d’un géant mondial de la technologie, créant une valeur mutuelle et accélérant le progrès pour l’ensemble de la communauté.

Ce modèle collaboratif, moins volatile que celui basé uniquement sur les levées de fonds, crée un environnement propice à la croissance durable des entreprises et à la création d’emplois qualifiés dans des secteurs variés, allant de la santé à la finance en passant par l’aérospatiale.

La recherche, ce n’est pas que pour les « nerds » : comment un projet de recherche peut transformer votre parcours au bac

L’image du chercheur isolé dans son laboratoire est un cliché que l’écosystème québécois de l’IA s’efforce de déconstruire. Ici, la recherche n’est pas une tour d’ivoire réservée à une élite post-doctorale ; c’est une activité ouverte et dynamique, accessible même aux étudiants de premier cycle (baccalauréat). S’impliquer dans un projet de recherche pendant ses études n’est pas seulement un excellent moyen d’approfondir ses connaissances, c’est un véritable accélérateur de carrière qui peut ouvrir des portes inattendues. Travailler aux côtés de chercheurs de renommée mondiale n’est pas un rêve inaccessible, mais une possibilité concrète.

L’expérience de nombreux étudiants internationaux qui affluent vers Montréal en est la preuve vivante. Ils sont attirés non seulement par la qualité des cours, mais par la perspective de contribuer à des projets de pointe et d’être mentorés par les meilleurs esprits du domaine.

J’ai collaboré avec le Pr Bengio à distance durant ma dernière année de bac à Chennai. Je ne peux imaginer où je serais sans lui comme mentor.

– Rithesh, étudiant en maîtrise à l’UdeM

Cette accessibilité est l’une des forces du modèle québécois. Les instituts comme le Mila et les universités partenaires ont mis en place des structures pour intégrer les étudiants de premier cycle dans le flot de la recherche. Participer à ces programmes permet d’acquérir une expérience pratique inestimable, de développer un réseau professionnel et de se distinguer sur un marché du travail très compétitif. Pour un étudiant ambitieux, c’est l’occasion de passer de la théorie apprise en classe à la résolution de problèmes réels.

Votre plan d’action pour intégrer la recherche en IA dès le baccalauréat

  1. Explorez les stages d’été : Informez-vous sur les programmes de stages de recherche offerts par le Mila, IVADO et les laboratoires affiliés aux universités comme l’UdeM et McGill.
  2. Optez pour des crédits de recherche : De nombreux programmes de baccalauréat permettent de remplacer des cours par des projets de recherche supervisés. Parlez-en à votre directeur de programme.
  3. Participez aux conférences : Suivez les présentations des chercheurs de votre université lors de grandes conférences comme NeurIPS ou ICLR. C’est une excellente façon d’identifier les sujets qui vous passionnent.
  4. Contactez les professeurs : Identifiez les professeurs dont les travaux vous intéressent et prenez contact avec eux. Montrez votre motivation et demandez s’il existe des opportunités de collaboration.
  5. Rejoignez des groupes étudiants : Impliquez-vous dans des clubs ou des sociétés techniques en IA sur votre campus pour développer vos compétences et votre réseau.

À retenir

  • Le succès du Québec en IA repose sur un modèle de « CERN de l’IA », privilégiant la collaboration radicale entre recherche, industrie et gouvernement, plutôt que la compétition de la Silicon Valley.
  • La recherche fondamentale, menée par des pionniers comme Yoshua Bengio au sein d’institutions comme le Mila, est le moteur qui alimente un flux constant d’innovations technologiques concrètes.
  • L’intégration précoce et centrale de la réflexion éthique, incarnée par la Déclaration de Montréal, est un pilier stratégique qui renforce la crédibilité et l’influence mondiale de l’écosystème.

Les emplois de demain se créent aujourd’hui : le guide des secteurs qui vont recruter au Québec dans les 10 prochaines années

L’écosystème québécois de l’IA, avec sa structure collaborative unique, est bien plus qu’un pôle de recherche académique. C’est une puissante machine de création d’emplois qui redéfinit l’économie de la province. Comprendre qui sont les acteurs majeurs de cet écosystème est essentiel pour quiconque souhaite y trouver sa place, que ce soit en tant qu’employé, entrepreneur ou investisseur. La diversité des organisations présentes, des laboratoires de recherche fondamentale aux géants de la tech en passant par les instituts de valorisation, crée une chaîne de valeur complète et dynamique.

Cette concentration d’acteurs de premier plan ne se limite pas à créer des postes d’ingénieurs logiciels. La demande s’étend à une vaste gamme de professions : scientifiques des données, spécialistes en recherche opérationnelle, experts en éthique de l’IA, gestionnaires de produits, et bien plus encore. De plus, l’impact de l’IA se diffuse bien au-delà du secteur technologique pur, transformant des industries traditionnelles comme la santé, la finance, la logistique et les ressources naturelles.

Le tableau ci-dessous offre un aperçu des principaux piliers de cet écosystème, chacun jouant un rôle distinct mais complémentaire dans le succès global du modèle québécois.

Principaux acteurs de l’écosystème IA montréalais
Organisation Spécialité Impact
MILA Recherche fondamentale en deep learning +1400 chercheurs et étudiants
IVADO Science des données et recherche opérationnelle Partenariats industrie-université
Google DeepMind IA générale et apprentissage par renforcement Laboratoire de recherche à Montréal
Microsoft/Maluuba Traitement du langage naturel Doublement de l’équipe de recherche prévue
Facebook FAIR Recherche en IA fondamentale Laboratoire en expansion depuis 2017

La prochaine décennie verra une accélération de l’intégration de l’IA dans tous les pans de l’économie. Les secteurs qui sauront tirer parti de ces technologies pour optimiser leurs opérations, créer de nouveaux produits et services, et résoudre des problèmes complexes seront les principaux moteurs de recrutement. Le Québec est idéalement positionné pour mener cette transformation.

Pour passer de la compréhension à l’action, l’étape suivante consiste à explorer concrètement les opportunités qu’offre cet écosystème unique, que vous soyez étudiant, investisseur ou professionnel cherchant à faire partie de la prochaine vague d’innovation.

Rédigé par Chantal Roy, Conseillère d'orientation et coach de carrière depuis plus de 18 ans, Chantal Roy accompagne les jeunes et les adultes dans leurs transitions scolaires et professionnelles. Son expertise couvre l'ensemble du système éducatif québécois et les secteurs porteurs d'emploi.